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Bourse de mobilité pour un stage à l’étranger : comprendre le financement Erasmus+

Partir en stage hors de France coûte cher avant la première paie : transport, logement, assurance. Erasmus+ propose une bourse de mobilité aux étudiants et jeunes diplômés, mais elle passe par l’établissement d’enseignement. Voici comment elle fonctionne et comment construire un budget sans compter sur une attribution acquise.

Étudiante avec une valise devant un panneau d’aéroport préparant un stage dans un pays européen
Un départ en stage se prépare plusieurs mois à l’avance

Ce que finance réellement une bourse de mobilité de stage

Une bourse de mobilité n’est pas un salaire. C’est une contribution forfaitaire aux surcoûts liés au séjour à l’étranger : voyage, logement, assurance, différence de coût de la vie. Elle est versée à l’étudiant, indépendamment de l’éventuelle gratification du stage, et peut donc se cumuler avec elle, sous réserve des règles de l’établissement et du pays.

Le programme européen Erasmus+ est la source la plus connue. Il soutient les stages réalisés dans une organisation d’accueil située dans le monde entier, à l’exception des institutions et agences de l’Union européenne elles-mêmes. Le stage doit présenter un intérêt pédagogique lié au diplôme préparé, et idéalement être intégré au cursus.

La somme exacte n’est pas fixée par la Commission pour chaque étudiant : elle dépend du budget alloué à votre établissement, du pays de destination, de la durée et de critères propres à votre école ou université. D’où l’intérêt de demander les barèmes locaux avant de s’engager.

Qui peut candidater : étudiants, doctorants, jeunes diplômés

Le programme concerne les étudiants inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur titulaire de la charte Erasmus+ pour l’enseignement supérieur, du cycle court au doctorat. Les jeunes diplômés récents peuvent aussi y prétendre, à condition en général d’avoir déposé leur candidature avant d’obtenir leur diplôme et de réaliser le stage dans un délai fixé par l’établissement après la fin des études.

Chaque établissement définit ses propres critères de sélection : niveau de langue, résultats, motivation, cohérence du projet. Les places financées sont limitées, ce qui signifie qu’une candidature recevable n’entraîne pas automatiquement une bourse. Certains étudiants partent en stage à l’étranger avec le statut Erasmus mais sans financement lorsque l’enveloppe est épuisée.

Les apprentis et les lycéens en formation professionnelle disposent de dispositifs voisins mais distincts, gérés par d’autres canaux. Les demandeurs d’emploi, eux, relèvent de programmes spécifiques portés par France Travail.

Combien de temps peut-on partir

Le soutien européen couvre un stage d’une durée de deux à douze mois par cycle d’études. Une même personne peut donc partir plusieurs fois, mais le total de ses mobilités, stage et études cumulés, ne doit pas dépasser douze mois dans un cycle donné : licence, master, doctorat.

Il existe aussi un format mixte, qui combine une courte présence physique à l’étranger, de cinq à trente jours, avec une période de travail à distance. Il convient aux étudiants qui ne peuvent pas partir longtemps, par exemple en raison d’un emploi, d’un handicap ou d’une obligation familiale.

Avant de choisir la durée, rapprochez-la des exigences de votre cursus : un stage obligatoire de trois mois ne s’accommode pas d’un séjour de deux mois, et un stage de six mois peut demander l’accord de votre responsable pédagogique pour décaler la soutenance.

Par où commencer : le bureau des relations internationales

La démarche ne se fait pas directement auprès de Bruxelles. Votre interlocuteur est le service des relations internationales de votre établissement, ou le bureau des stages pour la part pédagogique. En lycée proposant un brevet de technicien supérieur, c’est l’enseignant référent Erasmus qui joue ce rôle.

Il est recommandé de lancer le projet six mois à un an avant le départ. Ce délai permet de trouver l’organisme d’accueil, de passer la sélection interne, de signer les documents et de réserver le logement sans payer le prix fort.

Lors du premier rendez-vous, posez des questions concrètes :

  • quel est le calendrier de dépôt des candidatures pour ma période de stage ?
  • quel est le barème mensuel selon la destination ?
  • quelles dépenses la bourse est-elle censée couvrir ?
  • à quelle date et en combien de versements la somme est-elle payée ?

Les documents à signer avant le départ

Un stage Erasmus+ repose sur un ensemble de documents qui engagent trois parties : l’étudiant, l’établissement d’envoi et l’organisme d’accueil. Le plus important est la convention de stage, accompagnée d’un accord pédagogique précisant les missions, les objectifs d’apprentissage et la manière dont le stage sera évalué ou reconnu.

S’y ajoutent le contrat de mobilité, qui fixe le montant de l’aide et les modalités de versement, ainsi que des formalités d’assurance et de couverture santé. Avant de partir, il est utile de s’inscrire sur le dispositif d’inscription des voyageurs à l’étranger géré par le ministère des Affaires étrangères, afin d’être joignable en cas de crise.

Vérifiez aussi les règles d’entrée et de travail du pays : dans un État de l’Union européenne, la circulation est libre, mais pour une destination hors Europe un visa de stage peut être exigé, avec des délais de plusieurs semaines. Une convention signée ne dispense pas d’y songer.

Un exemple de budget pour six mois à l’étranger

Voici une illustration avec des chiffres ronds et hypothétiques, qui ne préjugent d’aucun barème. Un étudiant de master part six mois dans une grande ville européenne. Le stage est gratifié à 600 euros par mois, le loyer d’une chambre est de 650 euros, les repas et transports locaux coûtent 400 euros, l’assurance 40 euros, et le billet aller-retour 250 euros.

Le total des dépenses atteint environ 6 000 euros sur six mois, pour 3 600 euros de gratification. L’écart de 2 400 euros est celui que la bourse, les aides régionales, les aides de la famille ou des économies doivent combler. Si la bourse s’élève à 350 euros par mois, soit 2 100 euros, il reste un trou de 300 euros, plus la caution du logement avancée au départ.

Cet exercice montre qu’il faut prévoir un coussin de trésorerie : le premier versement de la bourse peut arriver après le début du stage.

Combiner la bourse avec d’autres aides

La bourse Erasmus+ n’est pas la seule ressource possible. Plusieurs collectivités proposent des aides à la mobilité internationale : certaines régions financent le voyage ou complètent la bourse pour les stages en entreprise, d’autres soutiennent les étudiants à revenus modestes. Les conditions varient beaucoup d’un territoire à l’autre.

Des compléments peuvent exister dans le cadre d’Erasmus+, par exemple pour les étudiants boursiers sur critères sociaux ou pour ceux qui voyagent par un mode de transport peu émetteur de carbone. Leur existence et leur montant dépendent de l’établissement et de l’année : demandez-les explicitement, car ils ne sont pas toujours spontanément proposés.

Gardez aussi en tête les bourses sur critères sociaux françaises, qui peuvent être maintenues pendant une mobilité selon les règles du ministère, ainsi que les aides d’associations et de fondations destinées aux jeunes. Un annuaire national les recense par statut et par région.

Trouver son organisme d’accueil et préparer sa candidature

Le financement ne remplace pas la recherche du stage. Commencez par les réseaux de votre établissement : anciens étudiants installés à l’étranger, partenariats avec des entreprises ou des laboratoires, offres diffusées par le service de carrière. Complétez avec des plateformes d’offres de stage et des chambres de commerce bilatérales, qui connaissent les entreprises francophones à l’étranger.

Adaptez votre candidature au pays : un CV de deux pages est courant en France, alors qu’il est parfois attendu sur une page ailleurs, avec une photo ou sans selon les usages. La lettre de motivation doit préciser vos disponibilités, votre niveau de langue et la raison de votre choix de destination.

Prévoyez un entretien en visioconférence dans la langue de travail. Les recruteurs vérifient souvent ce point avant d’examiner le fond de votre projet.

Les erreurs à éviter avant de s’engager

L’erreur la plus fréquente est de budgéter sur une bourse supposée acquise. Tant que la décision de l’établissement n’est pas notifiée par écrit, elle n’existe pas. Autre piège : acheter son billet avant la signature de la convention, au risque de perdre l’argent si le stage est annulé.

Il faut aussi éviter de négliger l’assurance responsabilité civile et la couverture médicale : un accident dans un pays hors de l’Union peut être très coûteux. Enfin, ne négligez pas la reconnaissance du stage : sans validation prévue dans votre cursus, le séjour ne comptera pas pour votre diplôme et la bourse risque d’être remise en cause.

Une fois sur place, conservez vos justificatifs, répondez aux enquêtes demandées en fin de séjour et respectez les dates de fin : certaines aides peuvent être réclamées en cas de non-respect des engagements.

Questions fréquentes

Quel est le montant de la bourse Erasmus+ pour un stage ?

Il n’existe pas de montant unique. Le barème dépend du budget de l’établissement, du pays d’accueil et de la durée. Il est souvent exprimé en somme mensuelle par groupe de pays. Demandez le tableau applicable à l’année en cours au service des relations internationales avant de bâtir votre budget.

Puis-je cumuler la bourse avec ma gratification de stage ?

En général oui : la bourse de mobilité compense les surcoûts du séjour, alors que la gratification rémunère le travail. Certaines règles locales ou nationales peuvent toutefois limiter le cumul. Interrogez votre établissement et l’organisme d’accueil, et conservez les écrits qui précisent chaque somme.

Un jeune diplômé peut-il encore bénéficier d’Erasmus+ ?

Oui, sous conditions. La candidature doit généralement être déposée avant l’obtention du diplôme, avec l’appui de l’établissement d’origine, et le stage réalisé dans un délai fixé après la fin des études. Les modalités précises varient : renseignez-vous auprès de votre école bien avant la remise des diplômes.

Combien de temps à l’avance faut-il s’y prendre ?

Prévoyez de six mois à un an. Ce délai couvre la sélection interne, la recherche du stage, la signature des conventions, l’éventuel visa et la recherche d’un logement. Les calendriers de candidature sont fixés par chaque établissement et peuvent tomber bien avant la date de départ envisagée.

Un demandeur d’emploi peut-il partir en stage avec Erasmus+ ?

Le circuit étudiant n’est pas ouvert aux demandeurs d’emploi. Certains programmes de mobilité européenne portés par France Travail ou par des structures d’insertion s’adressent à eux, avec d’autres critères. Contactez votre conseiller pour savoir lesquels sont accessibles dans votre région.

La bourse est-elle versée avant le départ ?

Souvent en deux temps : une part au début du séjour, le solde après réception des justificatifs et des rapports de fin de stage. Le calendrier est précisé dans le contrat de mobilité. Prévoyez donc de quoi avancer le logement, le voyage et la première période.

Faut-il parler la langue du pays pour obtenir la bourse ?

Pas forcément la langue locale, mais la langue de travail du stage, qui peut être l’anglais. Les établissements évaluent ce niveau lors de la sélection et proposent parfois un test ou un cours en ligne. Un niveau insuffisant peut conduire à un refus de la candidature ou à une préparation obligatoire.

Organismes proposant ce service et sources utiles